20/09/2010

CESSION DE SAINTE-PHILOMENE : UN ACCORD EN VUE… L’opposition socialiste au CPAS a été entendue par la majorité et un consensus est en passe d’être trouvé…si la Commune n’en décide pas autrement !

Rétroactes

Au mois de juin de cette année, je m’étais insurgé, avec le soutien des conseillers PS, face au gaspillage financier et à une amputation du patrimoine immobilier du CPAS.

En tant que membre de l’opposition au sein du Conseil de l’Action sociale, j’avais fait une proposition alternative, et qui se voulait constructive,  par rapport à l’affectation de l’ancienne maison de repos Sainte-Philomène.

Cette proposition consistait en :

- une extension de la nouvelle maison de repos ;
- la création d’un centre d’accueil (et de soins) de jour.

Je ne pouvais accepter l’idée que la création d’une maison « multiservices » (dans le cadre du PCDR) se fasse au détriment des objectifs sociaux en faveur du 3eme âge.

En effet, je basais mon intervention sur le fait sur les constats suivants :

- le nombre de personnes du 3eme âge est en constante progression et une étude récente montre que le nombre de personnes du 4eme âge devrait augmenter de 12% au cours des 10 prochaines années ;

- le coût du placement en maison de repos représente à lui seul la quasi totalité du revenu d’une pension moyenne et, pour beaucoup de pensionnés, dépasse même la totalité de celle-ci. Cela est encore pire quand il s’agit d’une maison de repos privée, dans la mesure où les coûts facturés y sont encore plus élevés. D’où l’importance, pour les pensions les plus basses, d’avoir un service public fort et adapté en matière d’accueil de personnes âgées ;

- une immense majorité de personnes âgées et leurs familles se trouvent un jour ou l’autre confrontées à la délicate question du placement en institution sans véritable alternative. Or un grand nombre d’entre elles peuvent encore se débrouiller seules si elles peuvent accéder, notamment via le transport social, aux services offerts par la maison de repos (soins, activités récréatives, socialisation, repas,…) tout en restant chez elle le soir ;

- au vu des normes strictes d’encadrement actuellement en vigueur, aucune maison de repos et de soins de 60 lits ne saurait être rentable. Malgré les efforts réalisés, dont beaucoup l’ont été à l’initiative de l’opposition, en vue de maîtriser le déficit, il est strictement impossible d’espérer atteindre un équilibre financier ;

Dans le même temps, le PS dénonçait par ailleurs  le gaspillage financier envisagé par la majorité, notamment en ce qui concerne le projet de création  d’une énième salle du Conseil au sein de l’administration à la Grand Place pour un montant astronomique de 1.000.000  euros… Grâce à l’intervention du PS, la majorité a fait marche arrière et ce projet a été abandonné !

 Négociations et débat

Lors d’un récent Conseil de l’Action Sociale, je suis revenu à la charge sur cette problématique.

Si, en bon démocrate, je devais me rallier à la décision de principe de l’affectation de Sainte-Philomène au projet de maison multiservices qui avait été entre-temps par le Conseil communal, je ne pouvais par contre me résigner à accepter la proposition faite par la majorité au CPAS de voir ce bâtiment cédé, dans le cadre d’un bail emphytéotique de 99 ans, pour la somme symbolique d’1 euro !

Le fait qu’aucune compensation ne soit exigée par la majorité en place au CPAS en échange de ce bail me heurtait au plus au point. J’estimais en effet que notre rôle de conseiller de l’action sociale était de défendre les intérêts de notre institution et de ses bénéficiaires en faisant abstraction des intérêts propres à la Commune et à ceux de l’Echevine de la Culture.

J’ai part ailleurs mis à nouveau l’accent sur le rôle social crucial que représente, pour le CPAS, l’accueil et le bien être des personnes âgées : un véritable enjeu social !

Après un long mais non moins intéressant débat, la majorité des membres du Conseil de l’Action Sociale ont compris ces enjeux sociaux de demain et ont accepté que des exigences soient formulées par le CPAS vis-à-vis de la Commune.

Ces exigences ont été transcrites, en séance, de manière écrite, dans un projet de convention qui devrait être soumis prochainement au Comité de Concertation Commune-CPAS avant d’être présenté au Conseil Communal.

Ce projet de convention inclut donc des conditions supplémentaires de cession de Ste Philomène en faveur de l’administration communale. Ces conditions reprennent les positions que j’ai âprement défendues lors de ce Conseil de l’Action Sociale !

Nouvelles propositions du CPAS à la Commune

La solution proposée concernant la cession de Sainte-Philomène au profit de l’administration communale est le bail emphytéotique, d’une durée de 99 ans, avec un canon annuel symbolique d’ 1 euro,  ainsi que les engagements suivants :

- Le projet établi dans le cadre du PCDR prévoit d’aménager d’une part le sous-sol du bâtiment afin de le consacrer aux ateliers de réinsertion du CPAS, et d’autre part, 2 logements pour personnes âgées dans l’annexe. Une convention précisant que la gestion tant des ateliers que des 2 logements sera assurée par le CPAS, mais que l’entretien de ces locaux sera effectué et pris en charge par l’administration communale, dans la foulée de l’entretien du reste du bâtiment, et ce dans un souci d’économie d’échelle et d’énergie.

- Le CPAS doit avoir la garantie du maintien de la jouissance des locaux qu’il occupe actuellement (ancienne maison communale d’Ecaussinnes Lalaing ainsi que l’ancienne classe qui abrite une partie du service social). Il serait opportun d’officialiser cette mise à disposition également dans les conditions fixées par le bail emphytéotique.

- Le projet PCDR concerne également l’aménagement d’une bibliothèque communale. Le bâtiment abritant actuellement la bibliothèque sera dès lors libre  d’occupation. Au vu de l’évolution sans cesse croissante des tâches incombant au CPAS, et donc de son personnel, nous constatons un besoin criant de locaux supplémentaires. Il est dès lors demandé que l’administration communale aménage ce bâtiment afin d’améliorer les espaces consacrés aux services divers du CPAS, et permettre ainsi au personnel de travailler dans de  meilleures conditions et de garantir notamment  la confidentialité des entretiens du service social, ce qui est impossible actuellement. Cet aménagement et cette mise à disposition du CPAS devront également être inclus dans le bail emphytéotique .

- D’autre part, il est constaté que la capacité de la maison de repos n’est plus assez importante que pour assurer une gestion  moins déficitaire : si il y a 15 ans la capacité optimale était de 60 lits, actuellement elle est plutôt de 75 voire 100 lits : une extension est à envisager, couplée avec une analyse d’opportunité de créer un centre d’accueil de jour, de soirée et/ou de nuit, et/ou un centre de soins de jour, en liaison directe avec la maison de repos ( capacité de 5 à 15 résidents). L’augmentation de capacité doit bien entendu être accordée par la RW. Il est demandé que l’administration communale s’engage à donner les moyens financiers au CPAS pour cette extension et cette création éventuelle de ce nouveau centre, sous réserve de l’accord de la RW.


Conclusions

Bien loin des débats trop souvent stériles qui se déroulent à la Commune, il est rassurant de voir qu’au niveau du CPAS la démocratie a encore tout son sens.

Bien loin de l’agitation « médiatico-politicienne » communale, le Conseil de l’Action Sociale remplit pleinement son rôle ; les conseillers qui y siègent font un travail sérieux, malheureusement trop souvent méconnu…

Le bon fonctionnement du CPAS d’Ecaussinnes repose en grande partie sur la qualité du travail de son administration.

Mais une administration, aussi efficace soit elle, ne saurait agir dans de bonnes conditions si les dirigeants qui  la pilotent n’arrivent pas à se parler, ni à s’entendre !

Or, au CPAS, il me plaît à le souligner, les Conseillers (de la majorité comme de l’opposition) travaillent dans un esprit de dialogue et d’ouverture propice à une certaine sérénité. Les échanges y sont constructifs et respectueux des personnes, sans pour autant faire de concessions sur les objectifs à atteindre.

Si j’ai pu être entendu en ce qui concerne Sainte-Philomène, c’est aussi grâce à cette capacité d’écoute et de respect dont ont fait preuve les Conseillers de la majorité en place.

Au nom de notre vénérable institution qu’est le CPAS, au non des valeurs qu’elle se doit de porter, je tiens ici à remercier sincèrement l’ensemble des Conseillers de l’Action Sociale pour leur sens du devoir, des responsabilités et leur ouverture d’esprit !

J’espère que le compromis démocratique qui vient d’être trouvé pourra montrer la voie à suivre à nos dirigeants communaux.

J’espère aussi qu’il pourra également rassurer quelque peu et redonner espoir à nos concitoyens sur la capacité des politiques locaux à travailler DANS L’INTERET DE TOUS. Il suffit d’un peu de bon sens, de respect et de bonne volonté…

Les commentaires sont fermés.